LA PRISE DE VUE :

Sensibilité ISO

 

Utiliser toujours la valeur la plus basse possible

En faible lumière, si le sujet est immobile, utiliser la plus basse valeur et un pied.

Ne choisir des sensibilités plus élevées que si l'on a pas le choix.

La règle automatique de la valeur ISO est déconseillée, sinon on risque d'avoir des photos très bruitées.

 

 

Mesure de l'exposition :


Choisir le mode de mesure de la lumière le plus approprié en fonction du sujet :

- Si la lumière est répartie à peu près uniformément sur l'image, choisir le mode de mesure matricielle ou multi-zone.


- Si le sujet est très contrasté par rapport à l'arrière-plan, choisir le mode à prédominance centrale, où éventuellement, le mode de mesure Spot ou ponctuelle. Attention cependant, si l'arrière-plan est clair, à ne pas surexposer.


- Si la zone de l'image sur laquelle on veut réaliser la mesure n'est pas centrée, faire la mesure en centrant la zone dans le viseur et en maintenant le déclencheur enfoncé à mi-course, ce qui bloque la mesure. Recadrer l'image selon la composition choisie, puis appuyer à fond sur le déclencheur pour prendre la photo.


- Comme il est plus facile de rattraper des photos sous-exposées que sur-exposées, il faut veiller à faire la mesure de l'exposition si possible sur la zone relativement la plus claire ( le ciel par exemple), bloquer l'exposition( déclencheur à mi-course, recadrer le sujet et déclencher).

Ainsi les zones claires auront plus de chances d'être correctement exposées. Les zones sombres feront l'objet d'un post-traitement pour déboucher les ombres.

Cette précaution est surtout valable lorsque le ciel est couvert, très nuageux.C'est moins nécessaire par un  grand ciel bleu qui est moins lumineux.
Si les conditions sont très difficiles (contre-jour) :

. Utiliser le mode bracketing

. utiliser le flash (fill-in) pour déboucher les ombres, mais à condition que la distance avec le sujet principal soit à portée du flash.



Compensation de l'exposition :

 

En fonction du sujet et de la caractéristique de rendu de l'APN, il peut être utile de compenser l'exposition en + ou en -.

 En moins : pour les sujets très lumineux, de manière à éviter une surexposition et pour conserver une bonne saturation de l'image ( neige, plage, mariage, ect ) A tester en fonction de l'APN.


En plus : pour des sujets sombres pour lesquels on veut conserver suffisamment de détails.

 Il existe sur certains APN des modes Scène préréglés pour certaines conditions ( neige, plage, nuit, feu d'artifice...)


La mise au point :


L'autofocus de l'APN ( appareil photo numérique) fait généralement le point sur la partie centrale de l'image. Si le sujet principal, pour lequel il est important d'obtenir une bonne netteté n'est pas au centre, viser le sujet au centre du viseur, faire la mise au point, maintenir le déclencheur enfoncé à mi-course, recadrer, et déclencher.

Dans certains cas il est préférable de débrayer l'autofocus et de faire la mise au point manuellement (macros).
Certains APN permettent un mode bracketing pour la mise au point : 3 photos sont prises avec un décalage de mise au point en + et en -.



 

La PROFONDEUR de CHAMP



 





Très souvent oubliée sur les appareils autofocus dits "évolués", la profondeur de champ est pourtant un paramètre essentiel dans le rendu de l'image.
La profondeur de champ est la distance qui sépare le premier plan net du dernier plan net.
Selon son épaisseur, elle va permettre d'isoler le sujet de l'arrière-plan ou au contraire d'obtenir une netteté impeccable sur l'ensemble de la photo.

Illustration de la profondeur de champ


 THEORIQUEMENT

Si, pour simplifier, on assimile notre objectif à une simple lentille, on voit que d'un point A1 situé à la distance de mise au point on obtient un point A'1 net. Par contre le point B1 situé plus loin donne une image qui est une tache. (cf. Schéma ci-dessous)

 Schéma d'une lentille simple - objectif photo

 

En fermant le diaphragme, l'image B'2 forme une tache bien plus petite que B'1. (cf. Schéma ci-dessous)


Schéma d'une lentille simple - objectif photo

Notre œil loin d'être parfait ne nous permet pas de discerner un point d'une tache de 0.03 mm (cercle de confusion communément admis pour un film 24x36 mm). Si la tache B'2 est plus petite ou égale à 0.03 mm nous la verrons aussi nette que le point A'2. Le point B1 est hors de la profondeur champ alors que B2 est à l'intérieur de cette profondeur.

Autres valeurs du cercle de confusion :

Pour un film 6x6, on admet une valeur de 0,05 mm.
Pour un film 4x5 inch, on admet une valeur de 0,1 mm.
En numérique, le diamètre du cercle de confusion dépend de la taille des photosites du capteur. Vous trouverez ici http://www.dofmaster.com/digital_coc.html la liste des cercles de confusion communément admis pour votre boîtier numérique.


 LES CALCULS

Avant d'en arriver aux calculs de la profondeur de champ il nous faut déjà définir la distance hyperfocale. La distance hyperfocale est la distance de mise au point procurant, pour un diaphragme donné, la plus grande profondeur de champ. Pour être la plus grande, cette distance inclut l'infini.

Formule de calcul de la distance hyperfocale :

H=F²/(e x f)

Avec :

H = hyperfocale en mm
F = focale en mm
e = 0.03 (cercle de confusion)
f = diaphragme
Définition de l'hyperfocale et exemple

Exemple de calcul de l'hyperfocale pour un objectif de 120 mm à f/8 :
H=120x120/0.03x8=14400/0.24 = 60 m

Formule de calcul de la profondeur de champ :


PPN= (d x H) / (H + d)
DPN = (d x H)/(H - d)
PdC = DPN – PPN

Avec:
PPN = distance objectif – premier plan net en m
d = distance de mise au point en m
H = distance hyperfocale
DPN = distance objectif dernier plan net en m
PdC = profondeur de champ en m

Dans notre exemple l'objectif de 120 mm ouvert à f/8 a une H = 60m

Si nous faisons la mise au point sur l'hyperfocale :
PPN = 60x60/(60+60)=3600/120=30 m
DPN=60x60/(60-60)=3600/0=infini
L'image sera donc nette de 30 m à l'infini. La profondeur de champ sera :
PDC = infini – 30 = infini

Par contre si nous faisons la mise au point à 10 m par exemple :
PPN = 10x60/(60+10)=600/70=8.6 m
DPN = 10x60/(60-10)=600/50=12 m
Et PDC = 12-8.6=3.4 m
Profondeur de champ et hyperfocale


 SUR LE TERRAIN

Avec les anciens objectifs à mise au point manuelle, on disposait d'une échelle de profondeur de champ qui nous permettait de voir que plus on ferme le diaphragme plus grand est la profondeur de champ.
On pouvait également connaître l'hyperfocale, il suffisait de placer l'infini en face du diaphragme choisi.
Enfin, et le plus important on pouvait choisir sa profondeur de champ et régler le diaphragme qui lui correspondait.

Bague de profondeur de champ sur les objectifs

Actuellement Minolta et Canon proposent des modèles qui affichent la profondeur de champ en fonction de l'objectif, du diaphragme, et de la distance de mise au point mais ce n'est pas immédiat et il faut pianoter.

Sur notre exemple d'objectif ancien, il faut lire que la mise au point a été faite à environ 4 m, que le diaphragme choisi est f/8. La profondeur de champ est comprise entre les deux 8 c'est-à-dire d'environ 2.70 à 6 m.
Si le diaphragme était de f/22 la profondeur de champ s'étendrait de l'infini à un peu plus d'un mètre. La distance de mise au point est en fait la distance hyperfocale.


Pour tous ceux qui n'ont ni objectifs anciens, ni les modèles sophistiques, il reste la calculette ou la mémorisation (cérébrale) d'un certain nombre de règles simples.


Pour un objectif donné, la profondeur de champ augmente quand on ferme le diaphragme. Elle diminue si on ouvre.

Par rapport à la distance de mise au point, la profondeur de champ se répartit sur environ 1/3 devant et 2/3 derrière le plan de mise au point (exception faite de la macrophotographie).

En macrophotographie, la profondeur de champ se répartir moitié devant, et moitié derrière.

La profondeur de champ diminue quand la distance de prise de vue diminue.


 UNE BIZARRERIE

Pour finir, une curiosité que peu de photographes connaissent : pour un même cadrage, la profondeur de champ est indépendant de la focale de l'objectif.
Par contre pour obtenir ce même cadrage en changeant d'objectif il va falloir modifier la distance de prise de vue. L'angle de prise de vue va changer ainsi que la perspective.


Schéma de la profondeur de champ pour différentes focales et un même cadrage

Sur les photos faites avec les différents objectifs, les points A et B délimitent le cadrage mais l'objectif de 24 mm embrasse un espace beaucoup plus grand que le 135 mm. Pourtant, au même diaphragme, f/8 par exemple, nous obtiendrons une profondeur de champ du même ordre (environ 7,5 m).


 QUELQUES VALEURS NUMERIQUES

Vous trouverez ci-dessous quelques valeurs usuelles (cas d'un film 24x36).

Abaque - Table de profondeur de champ

Abaque - Table de profondeur de champ

 

Par ailleurs, un calculateur de la profondeur de champ valable pour un matériel argentique et numérique est disponible en ligne sur http://www.dofmaster.com/dofjs.html
Attention, sur ce site les distances sont comptées à partir du plan du film et pas à partir du point nodal avant de l'objectif. Cela n'a guère d'importance pour les sujets éloignés mais les résultats sont sujets à caution dans le cas de la macrophotographie.

En savoir plus sur l'auteur

Bernard Moreaux est président du club Forum Photo à Chambéry.



 

<<